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Smartphone à l'école : ce que dit vraiment la loi en 2026

Anthony De Educanou · · 15 min de lecture · 3 465 mots
Smartphone deverrouille pose face vers le bas sur un bureau d ecolier en bois avec un cahier et un stylo a cote

Smartphone à l'école, tablette dans le cartable, montre connectée au poignet : qui peut faire quoi à partir de quelle classe ? Beaucoup de parents pensent que la loi est floue. Elle ne l'est pas. Le texte de 2018 est sec, court et il a été complété en 2025 par un dispositif national qui change le quotidien des collégiens. Ce guide reprend chaque article, chaque exception et chaque cas d'usage avec la formulation officielle en main.

Sommaire de l'article 34 sections

Vous y trouverez le périmètre exact de l'interdiction, les appareils concernés au-delà du téléphone, le cas particulier du lycée, les exceptions prévues par le législateur, les règles encadrant une confiscation et les recours possibles si une mesure vous paraît disproportionnée. À la fin, vous saurez exactement ce que peut faire l'établissement et ce que vos enfants ont le droit de refuser. Pas d'opinion : du droit positif.

Loi du 3 août 2018, le texte fondateur

Tout commence avec la loi n° 2018-698 du 3 août 2018, votée à la fin du premier semestre 2018 et promulguée en plein été. Le texte est court : trois articles. Son objet est clair : encadrer l'usage du téléphone portable dans les établissements scolaires de la maternelle au collège. C'est l'article 1er qui réécrit l'article L511-5 du Code de l'éducation, lequel devient la pièce maîtresse du dispositif.

Article L511-5 du Code de l'éducation

L'article L511-5 du Code de l'éducation pose le principe : l'utilisation par un élève d'un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques est interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges. L'interdiction vaut pendant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur de l'établissement. Le texte est consultable sur Légifrance, article L511-5.

Quelques précisions de vocabulaire. Le législateur ne dit pas « smartphone » mais « téléphone mobile » et « équipement terminal de communications électroniques ». La formulation est volontairement large pour couvrir les évolutions technologiques. Le texte intégral de la loi figure sur Légifrance, JORFTEXT000037284333.

Périmètre : maternelle, élémentaire, collège

L'interdiction couvre trois niveaux : la maternelle (de la petite section à la grande section), l'école élémentaire (du CP au CM2) et le collège (de la 6e à la 3e). Elle s'applique dans l'enceinte de l'établissement et pendant les activités d'enseignement organisées en dehors (sortie scolaire, voyage scolaire, séance de natation à la piscine municipale, EPS au stade). En clair : votre enfant en CE2 ne peut pas sortir son téléphone à la récréation. Pas davantage à la cantine. Pas davantage sur le trajet d'une sortie pédagogique.

Le ministère a publié dès septembre 2018 une circulaire d'application qui clarifie les modalités concrètes. Cette circulaire est toujours en vigueur et reste la référence sur le Bulletin officiel n° 35 de 2018. Elle insiste sur un point important : l'application est immédiate, sans attendre une modification du règlement intérieur. Le texte de loi suffit.

Quels appareils sont concernés

L'expression « équipement terminal de communications électroniques » fait grincer des dents les juristes mais elle a un mérite : elle ne se limite pas au téléphone classique. La rédaction couvre tout ce qui se connecte à un réseau de communication.

Téléphones, tablettes, montres connectées, écouteurs

Voici les principaux équipements visés par l'article L511-5. Le téléphone mobile au sens classique du terme, qu'il soit doté ou non d'écran tactile. La tablette tactile personnelle de l'élève (les tablettes fournies par l'établissement dans le cadre pédagogique sont hors champ). La montre connectée capable d'envoyer des messages ou de se connecter à un réseau (les montres non connectées, type montre à aiguilles, ne sont pas concernées). Les écouteurs sans fil reliés à un appareil émetteur. Tout objet connecté à internet ou à un réseau cellulaire (consoles portables wifi, lecteurs audio connectés, etc.).

Le critère décisif est la connexion à un réseau, pas la nature de l'objet. Une calculatrice scientifique standard reste autorisée. Une calculatrice graphique avec wifi intégrée bascule dans la zone grise et tombe sous le coup du règlement intérieur. Le site Service-Public, fiche téléphone portable à l'école et au collège reprend cette liste et confirme l'analyse.

Document juridique ouvert sur un bureau avec un surligneur jaune marquant un paragraphe et une paire de lunettes posee a cote
Trois articles de loi, un article du Code de l'éducation, une circulaire de 2018 et une nouvelle circulaire de 2025. Le socle juridique tient en quelques pages.

Et au lycée

Le lycée fait l'objet d'un régime spécifique. Le législateur n'a pas voulu imposer une interdiction de plein droit à des élèves majeurs ou quasi majeurs. Il a laissé la main au règlement intérieur.

Cadre laissé au règlement intérieur

L'article L511-5 prévoit que dans les lycées, le règlement intérieur peut interdire l'utilisation par les élèves des équipements terminaux de communications électroniques dans tout ou partie de l'enceinte de l'établissement et pendant toute activité liée à l'enseignement qui se déroule à l'extérieur. La rédaction est claire : le conseil d'administration du lycée décide. Il peut interdire totalement, partiellement (par exemple en classe mais pas à la récréation) ou ne pas interdire du tout.

Conséquence concrète : un lycée peut adopter une règle stricte (téléphone éteint et rangé toute la journée), une règle souple (téléphone autorisé hors classe) ou ne rien préciser. C'est le règlement intérieur qui fait foi. Il est voté par le conseil d'administration et il est consultable en téléchargement sur le site du lycée ou en version papier au secrétariat.

Évolutions 2026 dans certains établissements

Depuis 2024, plusieurs régions et collectivités territoriales ont incité les lycées à durcir leur règlement intérieur. La logique : prolonger la dynamique de la pause numérique au collège jusqu'à la classe de seconde. À la rentrée 2025, des dizaines de lycées ont voté un règlement intérieur prévoyant la mise à l'écart du téléphone pendant les heures de cours, voire toute la journée. La généralisation reste cependant volontaire. Aucune loi nationale n'impose le téléphone éteint au lycée en 2026.

Si vous êtes parent d'élève de seconde, première ou terminale, demandez le règlement intérieur en début d'année. Il précise exactement le régime applicable à votre établissement. En cas de doute, le conseil d'administration (où siègent des représentants de parents élus) peut éclairer l'historique du vote.

Les exceptions prévues par la loi

L'article L511-5 ne dresse pas une muraille de Chine. Il prévoit explicitement plusieurs exceptions. Les connaître évite des conflits inutiles.

Usages pédagogiques expressément autorisés

Première exception : les circonstances et les lieux pédagogiques que le règlement intérieur autorise expressément. En clair, un enseignant peut demander à ses élèves de sortir leur téléphone pour une activité pédagogique précise : recherche documentaire, prise de photo d'une expérience scientifique, utilisation d'une application de calcul. Le téléphone redevient autorisé pour la durée et le périmètre fixés par l'enseignant. Cette dérogation doit cependant figurer dans le règlement intérieur ou dans un protocole pédagogique validé par le chef d'établissement.

En pratique, cette exception sert surtout au collège, rarement en élémentaire. Quand elle s'applique, l'enseignant est responsable du retour à la règle générale dès la fin de l'activité.

Élèves en situation de handicap, dispositifs médicaux

Deuxième exception : les équipements que les élèves en situation de handicap ou atteints d'un trouble de santé invalidant sont autorisés à utiliser. Sont concernés par exemple les pompes à insuline pilotables par smartphone, les dispositifs de communication adaptés pour les élèves non verbaux, certaines applications d'aide à la lecture pour les élèves dyslexiques avec PAP ou PPS. L'autorisation passe par une décision écrite de l'établissement, souvent inscrite dans le PPS, le PAP ou le PAI selon le profil de l'élève.

Aucun parent ne peut donc se voir opposer un refus de principe pour un dispositif médical relié à un smartphone. La condition est d'avoir formalisé la situation par un document validé par le médecin scolaire et l'équipe pédagogique.

Sorties scolaires

Troisième cas particulier : les sorties scolaires. L'interdiction vaut pendant les activités d'enseignement organisées hors de l'enceinte. Concrètement, pendant la visite du musée ou la randonnée de classe verte, le smartphone reste interdit. Mais les temps libres encadrés (un quart d'heure de pause sur une aire d'autoroute pendant un trajet en bus, par exemple) peuvent faire l'objet d'une tolérance écrite par l'enseignant responsable. Cette tolérance n'est jamais automatique. Elle relève de la pédagogie du voyage et elle est portée par l'équipe encadrante.

Confiscation : ce que peut et ne peut pas faire l'établissement

La confiscation est sans doute le sujet le plus tendu entre parents et établissement. Que peut faire un personnel de l'établissement quand un élève sort son téléphone en cours ?

Durée et modalités de confiscation

Aucune disposition législative ne fixe une durée précise de confiscation. C'est le règlement intérieur de l'établissement qui détermine les modalités exactes : durée maximale, lieu de stockage du téléphone confisqué, personne habilitée à le restituer. Les pratiques varient. Confiscation pour la durée du cours et restitution en fin d'heure. Confiscation pour la journée et restitution à 17 heures. Confiscation jusqu'à la fin de la semaine pour les récidives. Confiscation avec convocation des parents pour récupérer l'appareil.

Toutes ces options sont juridiquement valides à condition qu'elles soient prévues par le règlement intérieur voté par le conseil d'administration. Un personnel qui confisque hors cadre prévu par le règlement intérieur s'expose à un recours hiérarchique du parent. Demandez à lire le règlement intérieur en début d'année et signalez-le à votre enfant.

Restitution à l'élève ou aux parents

Pour un mineur, la restitution peut s'effectuer à l'élève (le plus souvent en fin de journée) ou aux parents (en cas de récidive ou de dégât matériel). La confiscation ne donne aucun droit de fouille. Pas davantage d'inspection des contenus du téléphone. Le personnel scolaire range le téléphone éteint dans un lieu sécurisé jusqu'à restitution. Tout accès aux contenus (SMS, photos, applications) constitue une atteinte à la vie privée et peut faire l'objet d'une plainte.

En cas de doute sur le fait qu'un téléphone aurait été utilisé pour un acte de harcèlement ou une diffusion d'image, la procédure ne consiste pas à fouiller mais à signaler à la hiérarchie qui peut, le cas échéant, saisir la police judiciaire. Aucun enseignant ni CPE n'a juridiquement le droit d'accéder de force au contenu d'un téléphone confisqué.

Petite boite en bois avec compartiments individuels sur un comptoir contenant des silhouettes de telephones
Confiscation, casier numérique, pochette individuelle : trois pratiques courantes pour matérialiser l'interdiction. Le règlement intérieur décide laquelle s'applique.

Sanctions disciplinaires en cas de manquement

Au-delà de la simple confiscation, un usage répété ou aggravé du téléphone peut entraîner une sanction disciplinaire. L'échelle est classique. Punition scolaire pour un fait isolé : observation orale, retenue, devoir supplémentaire, exclusion ponctuelle de cours. Sanction disciplinaire pour un fait grave ou répété : avertissement, blâme, mesure de responsabilisation, exclusion temporaire de la classe ou de l'établissement, exclusion définitive (collège). En primaire, l'échelle est plus souple et se limite généralement à un mot dans le carnet ou à un entretien avec les parents.

L'usage du téléphone pour filmer un cours sans autorisation, photographier un autre élève sans consentement, diffuser une image dégradante d'un personnel ou d'un camarade relève d'une autre échelle. Là, l'établissement saisit immédiatement la hiérarchie et, en fonction de la gravité, le procureur de la République ou la cellule académique de lutte contre le cyberharcèlement.

Le complément 2025 : la pause numérique

La grande nouveauté depuis la rentrée 2025 n'est pas une nouvelle loi mais une circulaire ministérielle qui généralise un dispositif baptisé « Portable en pause ». Cette circulaire est parue au Bulletin officiel du 10 juillet 2025.

Circulaire du 10 juillet 2025

La circulaire du 10 juillet 2025 généralise le dispositif « Portable en pause » à l'ensemble des collèges publics au cours de l'année scolaire 2025-2026. Elle s'appuie sur les retours positifs de l'expérimentation « Pause numérique » menée en 2024-2025 dans une centaine de collèges volontaires : climat scolaire apaisé, regain d'attention en classe, diminution des conflits liés aux écrans. Le texte intégral est en ligne sur le Bulletin officiel n° 28 du 10 juillet 2025.

Concrètement, chaque collège public engage un dialogue avec la communauté éducative dès la rentrée 2025 pour décider de modalités locales de mise à l'écart des téléphones : pochette individuelle, casier collectif, dépôt en vie scolaire en début de journée. Ces modalités sont inscrites au règlement intérieur. Le ministère ne tranche pas entre les options : il laisse aux établissements et aux collectivités territoriales le soin de choisir le matériel et l'organisation. Le portail education.gouv.fr, page dédiée téléphone portable et pause numérique centralise les outils de mise en œuvre. Notre article dédié sur le casier de stockage de téléphones détaille les options pratiques.

Suspension nocturne des ENT et logiciels de vie scolaire

La circulaire de juillet 2025 ajoute une mesure complémentaire qui passe parfois inaperçue : la suspension automatique des notifications des espaces numériques de travail (ENT) et des logiciels de vie scolaire en dehors des heures de classe. Concrètement, entre 20 heures et 7 heures, ainsi que du vendredi 20 heures au lundi 7 heures, l'élève ne reçoit plus de notification automatique sur son téléphone. L'objectif est d'éviter la pression scolaire continue qui s'installait via les applications de suivi.

Cette mesure est progressivement déployée par les éditeurs d'ENT depuis l'automne 2025. Si votre enfant continue à recevoir des notifications nocturnes, vous pouvez signaler le dysfonctionnement à la direction de l'établissement qui remontera à son fournisseur de service numérique.

Recours d'un parent qui conteste une mesure

Un téléphone confisqué pour une durée jugée excessive, une sanction estimée disproportionnée, un dispositif PAI non respecté : quels sont vos leviers en tant que parent ?

Recours hiérarchique en interne

Le premier réflexe est le recours hiérarchique. Vous prenez rendez-vous avec le chef d'établissement (directeur d'école, principal de collège, proviseur de lycée) et vous exposez la situation. Apportez le règlement intérieur, votre version des faits et tout document utile (PAI, PAP, PPS si concerné). Le chef d'établissement peut soit confirmer la mesure, soit la réformer, soit proposer une solution intermédiaire. Cet entretien est gratuit et il règle la majorité des cas.

Si la décision vous semble toujours injuste, vous pouvez saisir le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) par courrier recommandé. Cette saisine est gratuite et elle déclenche un examen contradictoire de la situation. Pour les sanctions disciplinaires lourdes (exclusion temporaire ou définitive), un appel devant la commission académique d'appel est possible dans les huit jours.

Recours contentieux devant le tribunal administratif

En dernier recours, le tribunal administratif compétent peut être saisi dans les deux mois suivant la décision contestée. Cette voie est rarissime pour une simple confiscation de téléphone mais elle existe. Elle suppose un avocat spécialisé en droit public scolaire et elle a des chances limitées d'aboutir si le règlement intérieur de l'établissement a bien prévu la mesure contestée. Réservez-la aux situations où une atteinte aux droits fondamentaux est en cause (atteinte à la vie privée, discrimination, sanction sans procédure contradictoire).

Le médiateur académique de l'éducation nationale constitue souvent une voie intermédiaire plus efficace. Gratuit et confidentiel, il peut être saisi par simple lettre. Sa fonction n'est pas de trancher mais de faciliter le dialogue entre la famille et l'établissement. Le portail Service-Public, fiche médiateur de l'éducation nationale détaille la procédure.

Frise chronologique papier sur un bureau avec des marqueurs colores indiquant differentes annees entre 2010 et 2025
De 2010 (premiers smartphones de masse) à 2025 (pause numérique généralisée), le cadre juridique s'est resserré par paliers. Pas par à-coups.

Mythes et réalités du smartphone à l'école

Quelques rumeurs circulent et brouillent la lecture de la loi. Le hic, c'est qu'elles finissent par influencer les pratiques. Voici trois mises au point.

Mythe : la loi n'est jamais vraiment appliquée

Faux. La loi du 3 août 2018 est appliquée dans la quasi-totalité des écoles et collèges publics depuis sept ans. Ce qui varie, c'est l'intensité de l'application. Certains établissements organisent un dépôt systématique en pochette, d'autres se contentent d'un téléphone éteint et rangé dans le cartable. Mais aucune école ne tolère officiellement l'usage libre. La circulaire de 2025 a justement pour objet de standardiser le niveau d'exigence en imposant le « Portable en pause » dans tous les collèges publics.

Mythe : mon enfant a le droit en cour de récré

Faux. L'article L511-5 vise toute l'enceinte de l'établissement, sans distinction entre la salle de classe, la cour, le CDI, la cantine, les couloirs ou le préau. La récréation n'ouvre aucun droit d'usage. Si une école tolère un usage en cour, c'est par souplesse locale, jamais par droit. Cette tolérance peut être retirée à tout moment.

Mythe : l'école peut fouiller le sac de mon enfant

Faux et nuancé. Aucun personnel scolaire ne peut fouiller le sac d'un élève sans son consentement ou hors d'une procédure judiciaire. En cas de suspicion sérieuse (vol, drogue, arme), le chef d'établissement peut demander à l'élève d'ouvrir son sac en sa présence et avec un témoin. Le refus de l'élève n'autorise pas la fouille forcée : le chef d'établissement saisit alors la police. Pour la simple recherche d'un téléphone, la fouille n'est pas légitime. L'établissement peut seulement demander à l'élève de présenter son téléphone si une preuve d'usage existe.

Foire aux questions

Mon enfant peut-il appeler en cas d'urgence

Oui. En cas d'urgence avérée (problème médical, accident familial), l'élève peut demander à utiliser un téléphone, soit son propre téléphone, soit celui de la vie scolaire, soit celui d'un personnel. L'urgence justifie une dérogation immédiate et l'établissement doit faciliter la prise de contact. À l'inverse, un appel non urgent (oubli de matériel, retard) ne justifie pas l'usage du téléphone : la vie scolaire ou le secrétariat peut prévenir les parents.

Et pendant la cantine

L'interdiction vaut pendant la cantine si elle se déroule dans l'enceinte de l'établissement, ce qui est le cas dans l'immense majorité des écoles et collèges. Si la cantine est un service municipal hors enceinte (rare en collège, plus fréquent en écoles maternelles ou élémentaires), le règlement de la cantine prend le relais et il prévoit en général la même interdiction. Posez la question à la directrice de l'école pour le cas particulier de votre établissement.

Et sur le trajet domicile-école

Le trajet domicile-école est hors champ de la loi du 3 août 2018. Votre enfant peut utiliser son téléphone librement entre la maison et l'école. L'interdiction commence au franchissement du portail. Si le trajet est encadré par un personnel municipal (transport scolaire surveillé, pédibus), c'est le règlement du transport qui s'applique : il peut interdire l'usage du téléphone à bord du bus mais cela ne relève pas de la loi scolaire.

Comment contester une confiscation de plusieurs jours

Si vous estimez qu'une confiscation de plusieurs jours est excessive, vérifiez d'abord ce que prévoit le règlement intérieur de l'établissement. Si le règlement intérieur le permet, la mesure est juridiquement valable même si elle vous paraît dure. Si le règlement intérieur ne prévoit rien de tel, demandez à le voir et signalez la contradiction au chef d'établissement par écrit. En cas de désaccord persistant, saisissez le DASEN ou le médiateur académique. Les durées excessives (au-delà d'une semaine pour un premier manquement) sont en général raccourcies en cas de recours.

La tablette fournie par le collège est-elle concernée

Non. La tablette fournie par l'établissement dans le cadre d'un dispositif pédagogique (plan numérique académique, prêt départemental) n'est pas un équipement personnel. Elle est utilisée exclusivement pour les usages prévus par l'enseignant et selon les règles fixées par l'établissement. Elle ne tombe pas sous le coup de l'interdiction de l'article L511-5 qui vise les équipements terminaux des élèves, c'est-à-dire les appareils personnels.

Au lycée, mon enfant peut-il se faire confisquer son téléphone

Oui si le règlement intérieur du lycée le prévoit. La loi du 3 août 2018 ne s'applique pas de plein droit au lycée mais le règlement intérieur peut prévoir l'interdiction et la confiscation. Vérifiez le règlement intérieur en début d'année. Beaucoup de lycées ont durci leur règlement intérieur depuis 2024 sous l'effet de la dynamique de la pause numérique. Une confiscation appliquée dans le cadre du règlement intérieur du lycée est juridiquement valable.

Conclusion

Le cadre juridique du smartphone à l'école tient en peu de pages mais il est solide. Loi du 3 août 2018, article L511-5 du Code de l'éducation, circulaire ministérielle de 2018, circulaire de juillet 2025 sur la pause numérique : voilà le socle. De la maternelle au collège, l'usage du téléphone est interdit dans l'enceinte de l'établissement et pendant les activités d'enseignement extérieures. Au lycée, c'est le règlement intérieur qui décide. Les exceptions (pédagogie, handicap, dispositif médical) sont prévues mais elles doivent être formalisées. La confiscation est légale si elle reste dans le cadre du règlement intérieur. Les sanctions disciplinaires suivent l'échelle classique. Les recours existent et fonctionnent quand on les actionne dans les délais.

Pour aller plus loin sur les pratiques de mise à l'écart du téléphone en classe, consultez notre article dédié sur le casier de stockage de téléphones en classe. Pour les questions juridiques et administratives plus larges, l'actualité complète est rassemblée dans la catégorie actualité du blog Educanou. Et pour les parents qui suivent le métier d'enseignant de l'intérieur, notre guide des documents obligatoires du professeur des écoles détaille le quotidien réglementaire de l'école primaire.

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Rédaction

Anthony De Educanou

Fondateur et rédacteur d'Educanou. Passionné par les questions d'éducation, je décortique les concours, les réformes et le quotidien des enseignants. En savoir plus.

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